Post-singularité

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Henri Poincaré (1889) a démontré l'incapacité mathématique à résoudre le problème à "n corps" au-delà de n=2.



Intelligence naturelle limitée à deux prémisses (2.p)


Ceci nous fait prendre conscience de ce que la pensée est plus complexe que ce que permettent de porter les capacités syllogistiques du cerveau humain.

Cette capacité a été exploré depuis Thales et stabilisée par Aristote sous la forme du syllogisme :

« Le syllogisme est un discours dans lequel, certaines choses étant posées, quelque chose d'autre que ces données en découle nécessairement par le seul fait de ces données »(Topiques, I, 1, 100 a 25 et Premiers Analytiques, I, 1, 24 b 18-20)

que nous appliquons sous sa forme platonique (c'est à dire d'utilisation dialectique à deux prémisses ("2-p") : la majeure, la mineure qui conduit à la conclusion, que Hegel a conflictualisé dans la praxis (action) : thèse, antithèse résultant en synthèse.

Grâce au réductionnisme cartésien l'on va réduire la complexité à une sorite : c'est à dire un enchaînement linéaire de syllogismes dialectique). Il devient possible de modéliser la résolution de situations complexes par un pas à pas logique, en particulier par son langage mathématique, dans son contexte, à chaque pas du tiers exclu que nous connaissons bien par la formule du "toutes choses égales par ailleurs".

Depuis très longtemps l'homme cherche à automatiser sa démarche mathématique. Ceci a été théorisé par la Machine de Turing qui a permis l'informatique et son rôle de catalyseur de la pensée humaine.


Penser complexe


Cette possibilité n'existe plus lorsque l'on ne peut plus considère un enchaînement de dualités hiérarchisables (oui/non, bien/mal, vrai/faux) mais une systèmique complexe (pluralité de prémisses aux influences croisées) comme c'est le cas dans la nature, les foules, etc. que nous ne savons donc pas calculer ou gérer par la mathématique des sociétés humaine qu'est le Droit. Il nous faut pour cela une pensée complexe, et une cérébrique capable de la porter.

Dans ce cas-là l'alternative est :

  • ou d'en revenir au "n=0<->1" de la théorie du chaos (noun en égyptien ancien, yin et yang en pensée asiatique, tohu-bohu en pensée hébraïque, dialogique d'Edgar Morin, etc.) où l'on va être confronté au contexte statistique d'une seule prémisse globale et incertaine.
  • ou de mailler une agora (nombre n>2) d'entités autonomes cybernétique (c'est à dire de réponse déterministe ou de probabilité 1) selon un syllogismes à n prémisses. C'est à dire utiliser un réseau distribué (agrégation) d'agents autonomes en système (TAS).


La leçon des réseaux


Les réseaux nous ont :

  • introduits à un vécu complexe maîtrisable par la machine de l'homme : c'est l'agorique du système de supervision de Tymnet, conçu par Norman Hardy, pour optimiser le routage au sein d'un réseau de bande passante pondérée et le travail IETF du projet "Nimrod".
  • appris (Dr. Lessig) qu'au sein des "réseaux (tiers maillés et non plus exclus) des réseaux" (Louis Pouzin), le "code est la loi".
Ceci signifie aussi que la loi est le code sociétal (le sociogiciel) du maillage des réseaux des agoras humaines ... et des machines informatiques. Nous sommes ainsi rentré dans une interpénétration sociétale homme-machine. La société "anthropo-bot-ique".

Et ce code, cette loi sont à "n corps/prémisses".


Réflexions pour le Droit

Ceci signifie qu'il faut à la fois :

  • réfléchir à un Code(age) de la complexité de la vie actuelle en réseaux humains et cobotiques. Le droit des "bots" qui affecte les "mots" du droit. Le droit étant des mots pour faire vivre ensemble des hommes libres. Et maintenant leurs bots. En réseau.
  • tenter de tirer avantage de l'expérience du Droit préalable à l'agorique (la "logique n.p") qu'est la "prétorique".
En effet le Droit Civil, et en particulier le droit des successions, oblige à la pratique de l"émergence" depuis des millénaires. L'avocat civil doit penser "n.p". Il va prendre compte le nombre de prémisses des parties, multiplié par deux - chacune ayant celle de son conseil (et maintenant par trois, lorsqu'une intelligence auxiliaire (bot) est utilisée) et celles des différents mnèmes : Volontés testamentaires, Codes, Jurisprudences et liens impliqués, ceux des Juges, ceux de la réalité politique sans oublier le contexte et les conséquences économique et sociales, etc.


L'apport de la "prétorique"

Cette prétorique nous a appris

  • que la techne, c'est à dire l'addition des savoir-faires de plusieurs,
  • permettait de se mesurer à l'émergence pluriintellectuelle du logos.

C'est là que se trouve à la fois la "singularité techno-logique" et le champs de sa réponse. Comme la question de Thalès sur le comportement scientifique du "deus ex machina" nous a conduit à la philosophie et à l'epistémologie de nos 25 siècles précédents.

Ceci explique l'incroyable floraison mentale du XXème siècle, à laquelle il convient maintenant de trouver l'architectonique commune uax situation à "n.prémisses liées". Cette science dont Aristote disait que l'art est la politique qui conduit les hommes libres.
Nous soumettons que l'étude du savoir faire accumulé par la prétorique [1] peut nous aider à comprendre comment procéder dans un contexte agorique, là où la mathématique de la logique du tiers éxclu ne suffit plus. Egalement que cette progression peut résulter de l'expérience d'une applications des technologies actuelles à la pratique prétorique.
  1. expérience et jurisprudence gagnée par le prétoire.


Le Droit Complexe


Nous posons ici que la complexité est le fait d'un contexte syllogistique à plus de deux prémisses (dit "n.p").

Le Droit complexe en devient le compagnon des mathématique de la complexité et de sa facilitation intellectuelle en réseau (réticulaire et non-plus réductionniste) : un développement scientifique fondamental à la compréhension et à la vie de la société "anthropo-bot-ique" de notre temps.

A partir de ce qui précède et de cette proposition de principe nous pouvons décliner un certain nombre de points semblant relever du Droit complexe, comme étant :

  • l'utilisation de la pensée complexe (ex. Edgard Morin),
  • l'application à des cas complexes (multilatéralité),
  • selon des approches complexes, bien au-delà des contournements,
  • dans la complexité de la vie complexe devenue ordinaire,
  • mais aussi le droit de la complexité,
  • requérant une définition légale de la complexité.


La Cybernité


Le corollaire de la compléxite "n.p" est la prise en compte de la cybernité, où tout est "1.p" [1] : le monde digital des machines et ses relations avec le monde du numérique : lorsque la quantification digitale des cérébriques (naturelles ou artificielles) simule, supporte, permet la continuité numérique de nos sens.

Des problématiques comme celle de la décision de la responsabilité et de l'évaluation digitale ou hybride (analogique, numérique, digitale) dans le contextes des deux "nouveaux sens" mieux identifié :

  • empathie : cellules mirroir, schémas mnémontechniques, dispositifs mnémotiques, synergies, autocatalyse, droit d'auteur, etc.
  • intellition : perception par l'intelligence cérébrique, alter-ego de la décision :
  • je décide de considérer cette prémisse comme une intellition obtenue comme une inférenciation qui fait sens,
  • à valeur égale à une information, c'est à dire l'énnoncé d'une prémisse externe reçue par communication.
  1. l'objet ne "ressent" qu'une prémisse : l'action de son environnement sur lui-même. Il est réagit par son enaction interne, dont l'effet externe sera perçu comme sa réaction.